Deux des plus pertinents intellectuels catholiques français actuels, Rémi Brague et Chantal Delsol, ont publié au même moment deux livres importants analysant les impasses de la modernité qui sombre en postmodernité. Nous sommes très heureux de vous offrir le débat que nous avons pu organiser sur cette question avec eux deux, il montre qu’une véritable pensée chrétienne alternative de haut niveau existe aujourd’hui et cela est fort encourageant.
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Christophe Geffroy
Directeur de La Nef
http://www.lanef.net/
Avec ce billet trouvé dans Le Salon Beige se référant au site ci-dessus:
Les catholiques peuvent-ils être une force capable d’influencer la politique ?
De Guillaume Bernard dans le dernier numéro de La Nef :
"[...] Au premier tour de la présidentielle 2012, les cathos pratiquants (ceux qui vont au moins une fois par mois à la messe) ont voté à 47 % pour Nicolas Sarkozy (contre 27 % au niveau national), à 17 % pour François Bayrou (contre 9 %) et 15 % pour Marine Le Pen (contre 18 %). Ils votent donc très nettement plus à droite que la moyenne nationale, leur centre de gravité se situant au sein de la droite modérée. Au second tour, 79 % d’entre eux, l’équivalent de ce qui s’était porté au premier tour sur le centre et les droites, ont donné leur soutien au président sortant. Ils étaient 9 % de plus qu’en 2007. Cette progression peut s’expliquer par les positions en matière de mœurs (mariage homosexuel) et de bioéthique (euthanasie) du candidat PS heurtant de front leurs convictions. Les pratiquants occasionnels (qui assistent à l’office moins d’une fois par mois) n’ont été que 62 % à se prononcer pour Sarkozy. Quant au comportement électoral des cathos non-pratiquants, il est quasiment identique à celui du reste de la population. À l’inverse, ceux des électeurs qui se définissent comme sans religion ainsi que les musulmans ont massivement préféré François Hollande : respectivement 70 et 86 % d’entre eux (soit 18 et 34 points de plus que son score national). Tout cela confirme que, parmi les facteurs expliquant le vote, l’enracinement culturel est l’un des plus prégnants.
[...]
Si, pour certains enjeux, l’adhésion à la position de l’Église est indispensable pour être pleinement catholique (par exemple, la protection de l’innocence et donc le refus de l’avortement), d’autres problèmes (comme celui de la peine de mort) sont laissés à la prudente appréciation du fidèle.
Par conséquent, des mesures politiques peuvent être compatibles avec le catholicisme tandis que d’autres ne le sont pas. Mais il n’existe pas de programme politique (global) catholique. Un parti catho est, au mieux, un fantasme, au pire, une escroquerie. La politique, art du possible, ne relève pas du manichéisme ; elle ne consiste pas à choisir entre le bien et le mal, mais à établir des préférences (hiérarchie des enjeux, ordre des priorités). Ainsi, même si elles occupent une place éminemment importante, les questions de mœurs et de bioéthique ne sont pas toute la politique. Se focaliser sur elles, en ignorant les autres tensions, en particulier culturelles, qui traversent la société et frappent les plus faibles, notamment économiquement, de ses concitoyens, ne permet-il pas de se donner bonne conscience à moindres frais ?
Les cathos doivent humblement admettre que, d’une part, ils peuvent être divisés sur certaines questions et que, d’autre part, ils ne sauraient réduire la politique aux seuls enjeux qui les unissent. Cependant, ils peuvent sérieusement envisager d’influencer la politique en faisant l’effort de s’organiser en authentiques et professionnels groupes de pression thématiques agissant sur l’ensemble des partis. Indépendamment de leurs possibles engagements partisans, cela permettrait aux cathos de s’accorder ensemble (et avec d’autres) sur des questions précises pour œuvrer, en catholiques, au bien commun politique."
Michel Janva - France: Politique en France - Posté le 4 mars 2014.
P.s: l'âne a eu l'occasion de rencontrer Rémi Brague à l'Université Erasmus de Rotterdam à l'automne dernier, c'était le 22 novembre 2013 eXactement. Journée mémorable à mettre en lien avec la 11ème Conférence Erasme-Descartes qui se tenait le même jour à Amsterdam. Il y a des choses, franchement... J'espère que Joachim a trouvé le lien de ce blog entre-temps. Cela ne doit pas être très compliqué à trouver puisque ce blog a été transmis à l'Institut Français d'Amsterdam, et on espère au passage qu'il voudra bien, un jour, organiser une rencontre autour de l'écriture en ligne à l'heure de l'auto-publication en direct grâce aux nouvelles technologies bien comprises. Qui "il"? L'Institut ou l'attaché culturel au scientifique. Un petit clin d'oeil à Joachim. Aujourd'hui, des blogueurs ont la possibilité de se mêler un peu aux débasts qui nous concernent tous: le rôle de la technique un peu trop ambitieuse et tendant à un peu trop oublier la société et l'intérêt général, négligeant aussi de protéger la jeunesse contre des influences nuisibles, à sa santé morale en particulier. Je sais que c'est compliqué, mais ici, on travaille aussi ce genre de choses d'une façon assez conséquente. Vous l'aurez remarqué. Ce blog a également été transmis à l'Ambassade de France à La Haye, tout comme au ministère de la Culture et de la Communication à Paris. Pour le transmettre au ministère ici, il faudrait un rendez-vous en Real. Nous rappelons que la 11ème Conférence Erasme-Descartes est organisée en partenariat avec les ministères des Affaires étrangères néerlandais et français. Voir le conseil de coopération franco-néerlandais. Et retrouver des billets où l'on parle de la question, en date de novembre-décembre 2013.
À la Culture et à la Communication, et au Centre (que fait M. Bayrou? Cela fait-il partie du jeu politique pour disperser les troupes?), l'âne se trouve comme un poisson dans l'eau (voir P.s). Ce blog a également été transmis à M. Brague en personne via mail. Suite à la conférence qui se tenait à Rotterdam, le 22 novembre. Je ne sais pas s'il a été reçu et s'il est lu.
P.s: En écrivant cela, je repense à l'âne et au poney de Papy. Ne cherchez pas à comprendre, des lecteurs dans le Sud comprendrons sans doute.
P.s: Joachim, est-ce que l'organisation de la conférence autour de la commération du centenaire de la Grande Guerre avance? Avez-vous réfléchi à l'idée du Palais de la Paix, tout à côté de l'Ambassade?
P.s: Est-ce que les médias traditionnels pourraient bien faire leur travail? Je pourrais reparler de la rencontre organisée par L'Ambassadeur sur le rôle des intellectuels en Europe.
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