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Des livres signalés sur le site de l’émission
- Axel Honneth, « La lutte pour la reconnaissance », Éd. du Cerf, 16 février 2000.
4e de couverture : La philosophie sociale moderne, depuis Machiavel et Hobbes, présuppose un rapport d’hostilité entre des individus désireux de s’assurer une place au soleil ou plus simplement de garantir les conditions de leur survie. La société ne serait rien d’autre qu’une collection d’individus. La fonction de l’État, dans ce contexte, consiste à neutraliser leur antagonisme. La morale se trouve ainsi instrumentalisée.
Le jeune Hegel se démarque de cette tradition en cherchant à comprendre les conflits humains dans la perspective d’une demande de reconnaissance. Il met ainsi en lumière la dimension morale inhérente à tout affrontement et reconstruit l’évolution sociale selon une succession de luttes réelles ou symboliques, dans lesquelles l’individu ne cherche pas tant à supprimer ou à abaisser son adversaire qu’à être reconnu par lui dans son individualité. L’amour, le droit, la solidarité offrent les cadres successifs où s’inscrit, à mesure que s’enrichissent les rapports humains, ce lien de reconnaissance.
La psychologie sociale moderne permet de reprendre cette approche pour l’enraciner dans les mécanismes de formation de la personnalité humaine (les travaux de G. H. Mead et de D. Winnicott en particulier). En distinguant trois formes de mépris - l’atteinte physique, l’atteinte juridique et l’atteinte à la dignité de l’individu -, correspondant aux stades de développement du rapport de reconnaissance, Axel Honneth se dote d’un outillage conceptuel qui lui permet d’articuler une véritable « grammaire morale des conflits sociaux », fondée sur une théorie intégrée de l’homme et de la société. Ce faisant, il nous met aussi entre les mains un précieux instrument critique.
- Axel Honneth, « Les pathologies de la liberté : une réactualisation de la philosophie du droit de Hegel », Éd. La Découverte, 25 septembre 2008.
4e de couverture : À certains égards, une grande partie de la philosophie politique de la seconde moitié du XXe siècle a vu un « retour à Kant », notamment sous l’impulsion de Jürgen Habermas et de John Rawls, qui conduit à des conceptions très formelles des problèmes de philosophie politique.
Réagissant à cette tendance dominante, Axel Honneth montre qu’il est non seulement possible mais aussi souhaitable de réintroduire la pensée politique de Hegel au sein des débats qui animent la théorie politique et sociale contemporaine. À ses yeux, elle permet une contextualisation sociale des principes de justice et d’offrir un cadre institutionnel aux principes abstraits du droit moderne et de la morale.
Dans ce livre, le philosophe Axel Honneth propose une interprétation radicalement nouvelle des Principes de la philosophie du droit, la principale oeuvre de philosophie politique écrite par Hegel. Cette réactualisation permet de déterminer le rôle et de délimiter la place du droit dans le fonctionnement social. Mais surtout, dans un contexte d’individualisation croissante des sociétés contemporaines, elle permet de reconnaître pleinement le principe de l’individualisme moderne, mais aussi d’en identifier et d’en corriger les dérives pathologiques.
- Axel Honneth, « La société du mépris : vers une nouvelle théorie critique », Éd. La Découverte, 28 août 2008
4e de couverture : Les individus ont souvent - et à raison - le sentiment de vivre dans une société du mépris. Ils perçoivent que l’accroissement des possibilités de réalisation de soi conquises au cours du XXe siècle donne lieu aujourd’hui à une récupération de ces idéaux par le néolibéralisme. N’est-ce pas là un paradoxe ? Comment expliquer que les progrès des décennies passées soient à ce point détournés pour légitimer une nouvelle étape de l’expansion capitaliste ? Comment, à l’inverse, concevoir une théorie critique de la société lorsque les exigences d’émancipation dont elle se réclame se muent en idéologie ?
Autant de questions abordées ici par Axel Honneth, à la lumière d’une pensée profondément originale. Inscrit dans le sillage de la philosophie sociale de l’École de Francfort dont il est un des représentants contemporains majeurs, il s’emploie surtout à mettre au jour les « pathologies sociales » du temps présent, qu’il analyse comme des évolutions affectant les conditions fondamentales d’une vie sociale réussie. Cette démarche s’inscrit au plus près de l’expérience sociale des sujets sociaux soumis au mépris et s’articule avec force à une morale de la reconnaissance.
Ce livre traduit un effort rigoureux pour concevoir une nouvelle théorie critique de la société offrant des perspectives précieuses pour affronter certains enjeux politiques et sociaux majeurs du XXIe siècle.
in: http://www.fabriquedesens.net/Theorie-de-la-reconnaissance-avec... la machine qui copie toute seule.
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