http://reseaux.blog.lemonde.fr/2013/09/29/blues-net-bernard-stiegler/
http://reseaux.blog.lemonde.fr/2013/10/03/reinventer-rapport-temps-bernard-stiegler/
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Si l’Europe ne fait rien, et la France en premier lieu, il n’y aura plus de presse dans les 10 ans qui viennent, il n’y aura plus de télévision – on dira peut-être tant mieux, car la télévision est devenue une calamité, mais il faudrait que ce qui doit remplacer la télévision se développe en France. Si cela se développe chez YouTube ou ailleurs, et que cela vient nous arroser, nous serons définitivement devenus un peuple colonisé. L’Europe doit porter un projet alternatif. Ce projet alternatif, c’est la troisième époque du Web.
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Bernard Stiegler : L’Internet des objets, c’est en effet et très précisément le devenir automatique d’objets dotés d’adresses Internet et ainsi interconnectés. À travers ces connections, des automatismes agencent les « comportements » de ces objets. Mais au-delà de l’Internet des objets, il y a un processus bien plus ample d’automatisation généralisée.
L’automatisation, au sens moderne du terme, a commencé au 18e siècle, en particulier avec l’automate de Jacques Vaucanson qui, lorsqu’il a été réapproprié par l’ingénieur Jacquard, a été à l’origine d’une mutation fondamentale des outils de production qui a fait passer de la manufacture à ce qu’on appelle la grande industrie fondée sur le machinisme industriel. Le machinisme industriel met en œuvre une force, l’énergie motrice de la machine à vapeur : tout le monde a appris cela à l’école. Ce que l’on a moins enseigné, c’est que cette machine thermique entraîne des processus de plus en plus automatisés. Ce n’est pas seulement la motricité qui est transformée par la révolution industrielle, c’est aussi le geste et la forme du mouvement – qui finit par détruire le geste. C’est ce qu’Adam Smith puis Karl Marx décrivent comme un déficit de savoir chez les ouvriers, ce que Marx appelle une prolétarisation, qui est avant tout cette perte de savoir. Le savoir de l’ouvrier passe progressivement dans la machine : encapsulé en elle, il échappe à l’ouvrier. L’ouvrier se retrouve ainsi prolétaire – en attendant de devenir chômeur.
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À quoi servent les nouvelles technologies? Ici, on préfère parler de l'Internet des personnes tout simplement: la machine au service des hommes, des femmes et des jeunes. Ceblog propose d'engager la discussion simplement au Palais de la Paix de La Haye. Qui fait quoi? Quelles responsabilités? Quel contrôle? Quelles régulations? Quelle protection? Quelle gouvernance en Europe?
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