Si l'on s'intéresse aussi à l'économie:
http://petrole.blog.lemonde.fr/2013/01/08/exxon-shell-bp-total-les-rois-du-petrole-sont-ils-nus-2/
Exxon, Shell, BP, Total :
les rois du pétrole sont-ils nus ?
Quatre des principales compagnies pétrolières internationales font face à un déclin de leurs productions globales de brut, en dépit de profits sans précédent. Peuvent-elles inverser la tendance ?
Un commnentateur dit:
Il est tout de même effarant que le problème majeur du pic pétrolier (voire du « peak all » en incluant les métaux voire l’alimentaire) ne soit pas 1ère page de tous les médias mainstream.
Lorsque l’histoire aura fait son chemin je ne peux qu’espérer que ceux qui n’auront pas fait leur travail de lanceurs d’alertes (médias et monde politique en particulier) seront sanctionnés.
Matthieu, vous qui travaillez au Monde, que pensent vos collègues de ces problèmes ? Ils ne sont pas convaincus, ou ils ne peuvent pas en parler, ou ils ne veulent pas en entendre parler ?
Mathieu Auzanneau dans "Oil man", le 8 janvier 2013:
Je dirais que lorsque je leur mets les chiffres sous les yeux, beaucoup de confrères, en France ou ailleurs, réalisent qu’il y a sans doute un (gros) soucis.
Le problème, c’est que dans leur grand majorité, ils passent ensuite bien vite à autre chose. Bien forcés !
Comprenez : la presse est malade, les rédactions sont terriblement sous-staffées (comme on dit), les confrères qui n’ont pas comme moi la chance d’être indépendants ni de choisir la plupart du temps leurs sujets, couvrent souvent deux, voire trois secteurs industriels à la fois (imaginez suivre au quotidien à la fois l’actualité de l’énergie et de l’agroalimentaire, par exemple ; c’est très courant, y compris dans des titres spécialisés éco…)
Le plus pernicieux : la faiblesse économique du « 4e pouvoir » implique que désormais, la plupart des reportages des journalistes éco sont des voyages de presse payés par les compagnies faisant l’objet desdits reportages.
Enfin, la communication des grandes firmes industrielles est étroitement contrôlée.
Le monde industriel, en tout cas au niveau des direction exécutives, est des plus impénétrable. Un Christophe De Margerie choisit à qui il parle (cf. dans mon précédent post mon léger agacement suite à l’itv récent de Big Moustache, terriblement lénifiant, paru dans L’Express.)
Et puis il y a la force de l’habitude et du déni :
oui, avant 2008, il y avait des gens ici ou là pour crier au loup concernant l’endettement des vieilles puissances industrielles. ça faisait rarement la couv’ pour autant…
J’ajoute, concernant un sujet connexe, que suite au coup de force avorté de Xavier Niel et de Free pour bloquer la pub sur internet, je trouve hallucinant que tant de monde dans la presse en ligne lui ait sauté à la gorge. Est-il raisonnable de se satisfaire d’une presse internet presque exclusivement dépendante d’une pub de toute façon insuffisante pour générer un business sain et réellement pérenne ? Pour moi, Libé’ qui fait sa une pour critiquer le blocage de la pub’, c’est un peu le condamné qui lèche la main de son bourreau (le tout sans écrire une seule ligne sur le concept de licence globale).
Le succès « organique » de Wikipedia devrait pourtant être source d’inspiration.
Pour ma part, je salue la réussite très significative de Mediapart (et puis de toute façon mon premier job était au Canard Enchaîné, donc forcément…)
Voilà, réponse un peu longue, désolé. Mais il me semble que plus la situation s’aggrave, plus le débat public dans les médias de masse se sclérose : dans les « hautes sphères », on tourne en rond, il me semble. Pas bon.
Un autre commentateur dit:
Une des autres raison il me semble avait été citée dans un article précédent: « S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problème » (Logique Shadok) … et personne ne sait vraiment comment motiver ses politiques à penser autrement qu’en échéances électorales, donc à court terme, sans passer par la case dictature (qui ne garanti pas non plus que cela changerait).
La fin du pétrole bon marché est aussi la fin d’un rêve éveillé. Le documentaire « The Oil Crash » commence par le dicton: « Le pétrole est le cadeau du diable » … après moi le déluge aurait dit Louis XV (et beaucoup après lui).
Et un autre:
On ne le redira jamais assez. L’information (de qualité cela va sans dire) a un prix. Le gratuit est une illusion. Rien n’est gratuit, il y a toujours quelqu’un qui paye. Auparavant les clients étaient les lecteurs, maintenant c’est le pouvoir économique. Les médias ne vont tout de même pas mordre la main qui les nourris. Par conséquent, ils ne rendent des comptes qu’à leurs bailleurs de fonds et donc de moins en moins aux lecteurs.
A ce sujet, La fabrique du Consentement de Noam Chomsky est une grille d’analyse qui colle assez bien avec l’intrication du pouvoir économique dans les médias.
La démocratie va de paire avec une presse libre.
Continuez votre boulot Matthieu que je considère comme étant tout simplement ce que devrait être le journalisme.
Et ansi de suite:
Je vous avais interpelé il y a 1 an sur ces questions, vous ne ne m’aviez pas répondu. Aujourd’hui, vous avez pris votre indépendance par rapport au Monde et vous répondez . Au vrai le contenu de votre réponse est terriblement banal : il n’y a pas de complot, simplement un mélange de faiblesse économique, de dépendance financière, de paresse et de lâcheté ordinaire, sans doute une résistance idéologique d’une partie des dirigeants des rédaction.
Bonne continuation
A consulter pour ceux que cela intéresse:
http://ourfiniteworld.com/2013/01/06/2013-beginning-of-long-term-recession/#more-37551
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