donderdag 10 januari 2013

Une révolution...

LE LIVRE AU XVIè SIECLE


AU NOM DE LA ROSE : LE MANUSCRIT


Pendant dix siècles, les oeuvres écrites anciennes sont préservées avec plus ou moins de respect par des moines. S'efforçant de sauvegarder les ouvrages des pillages, des incendies et de l'usure du temps, ils stockent, rénovent, recopient les manuscrits des Anciens, Grecs et Latins. Ils en créent de nouveaux aussi. Le livre est une denrée rare et d'un prix si astronomique que seuls les souverains ou des nobles peuvent s' offrir. A force d'être copiées et recopiées, les oeuvres des auteurs Anciens ont été édulcorées, voire censurées. Les discours théologiques se fondant sur le texte écrit auquel il est constamment fait référence, il y a peu de chance de se voir contredit. Il existe en effet une sorte d'autorité naturelle de la chose publiée (c'est écrit, donc c'est vrai) qui tient sans doute à la rareté des ouvrages. La CITATION a presque valeur de preuve et de démonstration. Comme personne ou presque ne possède de livre, les débats restent limités aux clercs qui ont accès aux bibliothèques. Dans cette société totalement dominée par le religieux, le média de référence est entièrement entre les mains des hommes de la foi.


L'EXEMPLAR ET LE PAPIER

in XVè début XVIè, entre cinq et dix pour cent de la population européenne sait lire, soit de 1 million à 2 millions de lisants. Une bonne majorité s’est formée dans les écoles religieuses et les universités de la Chrétienté, où l’usage ancestral veut que les textes de références utilisés pour les cours soient recopiés à la main sur des parchemins. Le papier, invention chinoise, arrive en France par l'Espagne via les Arabes, autour des années 1350. Sa fabrication dans des moulins se trouve principalement située en Champagne (Troyes, 1346). Ce nouveau support, moins cher que le parchemin va permettre de multiplier les copies manuelles. Cette recopie faite à la main, appelée l’ « exemplar » n’est pas sans défauts, ce qui peut avoir des implications gênantes.
L’imprimerie lors de son apparition est aussitôt envisagée par l’Université comme une façon pratique de fournir des ouvrages totalement identiques et moins coûteux à chaque des élèves. En France, un des premiers ouvrages imprimés le sera dans la cour de la Sorbonne, qui n’y voit alors qu’une technique intéressante pour sa qualité, sa fiabilité et son coût. L’opinion des docteurs va changer radicalement quelques décennies plus tard, pour des raisons qui ne seront plus techniques.


LA REVOLUTION DE L'IMPRIMERIE

'imprimerie modifie radicalement le statut et la représentation du manuscrit acquise au fil du temps. Entre 1450 et 1500, de 10 à 15.000 textes distincts sont publiés. Entre 1470 et 1500 (trente années) on édite 300 à 400 textes par an (plus de 300 000 aujourd’hui) ce qui est déjà un chiffre considérable.
Si on considère qu’un tirage moyen oscille entre 350 et 500 exemplaires, près de 20 millions de livres sont imprimés au Seizième Siècle, soit autant que la population. Et cette production s’accroît plus rapidement dans la seconde moitié. Sur ces cent années, la ville de Lyon va produire 13.000 éditions différentes. Paris rattrape son retard, et finit par dépasser la « capitale des Gaules » en éditant 25.000 livres. On estime à 45.000 les éditions en Allemagne, et 15.000 à Venise. 10.000 aux Pays Bas, 10. 000 en Angleterre. En tout de 150.000 à 200.000 éditions pour le Siècle de la Renaissance et de la Réforme. C’est une révolution culturelle.
La production nouvelle des imprimés va, en cent ans, totalement éclipser des siècles d’accumulation de parchemins. Ceux-ci ne représentent plus que vingt pour cent du contenu des bibliothèques des particuliers lors des transmissions de biens (1). On constate par ailleurs l’ augmentation rapide des ouvrages des bibliothèques privées, surtout après 1550. Posséder plus de 40 livres chez soi devient chose courante chez le lettré de la fin de la Renaissance. Les notables les plus aisés (les juristes, en particulier) arrivent à posséder des bibliothèques de plus de 200 ouvrages !

http://www.renaissance-france.org/rabelais/pages/livre.html

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