http://www.laviedesidees.fr/Les-lecons-de-la-catastrophe.html
Jean-Baptiste Fressoz, « Les leçons de la catastrophe. Critique historique de l’optimisme postmoderne », La Vie des idées, 13 mai 2011. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Les-lecons-de-la-catastrophe.html
Notes
[1] Le Monde, 26 mars 2011, desquels il faut distinguer l’article rageur et politique d’Isabelle Stengers, « Comment n’avaient-ils pas prévu ? »
[2] Ulrich Beck, La société du risque. Sur la voie d’une autre modernité, 1986, Paris, Le Seuil, 2002. Soulignons que la catastrophe chez Beck n’est pas vraiment abordée en tant que telle, mais plutôt comme un phénomène dont l’anticipation transforme le social et le politique.
[3] Ulrich Beck cite d’ailleurs très souvent le livre de François Ewald, L’État providence, Paris, Grasset, 1986, qui traite de la mise en place des assurances contre les accidents du travail à la fin du XIXe, pour contraster les risques individuels et assurables du passé aux incertitudes contemporaines, comme si l’ouvrage de Ewald résumait à lui seul le paysage des risques industriels et écologiques auxquels étaient confrontées les sociétés du XIXe. Cf. Ulrich Beck, « From industrial society to the risk society : questions of survival, social structure and ecological enlightenment », Theory and Culture, vol. 9, 1991, p. 97-123 et World at risk, p. 7, 52, 53.
[4] Ce tableau esquisse à grands traits la notion de modernité réflexive. Voir Ulrich Beck, La société du risque, vers une autre modernité, [1986] Aubier, 2001 ; Anthony Giddens, Les conséquences de la modernité, [1991] L’Harmattan, 1994 ; Nicklas Luhmann, Risk a Sociological Theory. New-York : De Gruyter, 1991 ; Helga Nowotny et Peter Scott, Re-thinking science. Knowledge and the public in an age of uncertainty, Londres, Polity Press, 2001. Les sociologues ont proposé diverses dénominations pour signifier la nouveauté radicale de notre temps : « société du risque », « modernisation réflexive » (Beck), « seconde modernité » (Giddens), « haute modernité » (Luhmann), « société de mode II » (Nowotony), « transformation de l’agir humain » (Jonas). Il faudrait souligner les différences d’approches entre la démocratisation de la technoscience (Beck ou Nowotny) et l’heuristique de la peur (Jonas). Mais ces auteurs se retrouvent d’accord quant au récit sous-jacent de transformation récente de l’agir technique.
[5] Michel Serres, Le contrat naturel, Paris, François Bourin, 1990 ; Bruno Latour, Politiques de la nature, comment faire entrer les sciences en démocratie, Paris, La Découverte, 1999 ; Michel Callon, Pierre Lascoumes, Yannick Barthe, Agir dans un monde incertain, essai sur la démocratie technique, Paris, Le seuil, 2001.
[6] Hector Carnot, Petit traité de vaccinométrie, 1849, 1857 ; Verdé-Delisle, De la dégénérescence physique et morale de l’espèce humaine déterminée par le vaccin, Paris, Charpentier, 1855 ; Armand Bayard, Influence de la vaccine sur la population ou de la gastro-entérite varioleuse avant et depuis la vaccine, Paris, Masson, 1855.
[7] Louis Leclerc, Les vignes malades, rapport adressé à M. Le comte de Persigny, ministre de l’intérieur, Paris, Hachette, 1853, p. 15.
[8] Léon Peeters, Guérison radicale de la maladie des pommes de terre et d’autres végétaux, Namur, 1855, p. 63.
[9] Jean-Baptiste Fressoz, “Beck Back in the Nineteenth Century. Towards a genealogy of risk society” History and Technology, vol. 23, n°4, 2007, p. 333-350. Eugène Huzar, La fin du monde par la science, Paris, Ere, 2008 qui réédite des extraits des deux ouvrages de Huzar : La fin du monde par la science (1855) et l’Arbre de la science (1857).
[10] Huzar, 1857, 2008, p. 99.
[11] Sur l’épuisement des sols (peut être la plus grande question d’écologique politique du XIXe siècle) voir John Bellamy Foster, Marx’s ecology. Materialism and Nature, New-York, Monthly Review Press, 2000 ; sur les anxiétés immenses reliant déforestation, changement climatique, érosion et inondation, voir Jean-Baptiste Fressoz et Fabien Locher, « Le climat fragile de la modernité », La vie des idées, 20 avril 2010.
[12] Voir aussi Bruno Latour, « why has the critique run out of steam ? », Critical Inquiry, vol. 30, 2004, p. 225-248.
[13] Sur l’évolution des technosciences en rapport aux logiques économiques néolibérales voir les analyses froides et lucides de Dominique Pestre : Science, argent et politique. Un essai d’interprétation, INRA éditions, 2003, p. 77-118 et « Des sciences et des productions techniques depuis trente ans. Chronique d’une mutation », Le Débat, 2010, n°160 et plus largement : David Harvey, A Brief history of neoliberalism, Oxford University Press, 2005.
[14] Curieusement, le dernier livre d’Ulrich Beck, World at Risk, Polity Press, 2007,qui vise à donner une perspective cosmopolite à la société du risque ne consacre pas un seul paragraphe à la Chine où se joue pourtant une bonne part de l’avenir la planète. C’est que la thèse de la modernité réflexive essentiellement fondée sur les cas du mouvement écologique allemand et des ONG environnementalistes occidentales se trouve prise à revers par la délocalisation de la production industrielle et de la R&D.
[15] Soraya Boudia et Nathalie Jas, Powerless Science ? The Making of the Toxic World in the Twentieth Century, New York et Oxford, Berghahn Books, à paraître en 2011.
[16] Philippe Cury et Yves Miserey, Une mer sans poissons, Paris, Calmann-Lévy, 2008
[17] Un exemple paroxystique : le bois de plantations réalisé après la destruction de forêts primaires au napalm en Tasmanie a pu recevoir un écolabel. Voir aussi « Mauvais génie de la forêt », Le Monde, 8 avril 2011 sur le rôle du cabinet de conseil MacKinsey dans l’évaluation des projets REDD.
[18] Amy Dahan-Dalmedico (dir.), Les modèles du futur. Changement climatique et scénarios économiques : enjeux politiques et économiques, Paris, La Découverte, 2007 et Aurélien Bernier, Le climat otage de la finance, Paris, Mille et une nuits, 2008.
[19] Margaret A. McKean, Environmental protest and citizen politics in Japan, University of California Press, 1981.
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