dinsdag 2 april 2013

Pour nous faire réfléchir... C'était en 1996.... Où en sommes-nous aujourd'hui?...

Voyage au coeur des technologies du futur

Cybermonde, la politique du pire

Paul Virilio

Août 1996

On connaît le scepticisme de Paul Virilio à l’égard des technologies nouvelles de la communication. Dans ce livre d’entretiens avec le journaliste Philippe Petit, le théoricien de la vitesse réaffirme très clairement ses appréhensions ; il conteste l’idée que la cybernétique puisse contribuer à l’amélioration qualitative de la démocratie.

Virilio rappelle que « le pouvoir est toujours le pouvoir de contrôler un territoire par des messagers, des moyens de transports et de transmissions » . Partant de ce constat, il se demande : « Pouvons-nous trouver une démocratie du temps réel, du live, de l’immédiateté, de l’ubiquité ?» Et il répond : « Je ne le pense pas, et ceux qui s’empressent de dire oui ne sont pas très sérieux. »

Paul Virilio réfléchit aussi à l’ « accident intégral » , celui qui, en raison même de la mise en réseau de l’ensemble de la planète, peut survenir au même moment partout : la panne générale de tous les ordinateurs, le krach boursier total. Cet accident - qui finira par se produire, selon l’auteur - devrait nous conduire, une fois encore, à méditer sur les dégâts du progrès technologique mal maîtrisé.

Enfin, Paul Virilio s’interroge sur le devenir de la guerre après la chute du mur de Berlin et à l’heure des satellites et de l’instantanéité : « Une Babel militaire s’est mise en place, affirme-t-il, à travers la prolifération nucléaire et à travers le terrorisme généralisé ; on a du mal à retrouver nos repères, même pour un travail théorique. »

Une lecture fort stimulante qui confirme cet auteur comme l’un des rares penseurs rebelles contemporains, dénonçant inlassablement les dangers de la révolution informationnelle et cybernétique.

Nancy Dolhem

Textuel, Paris, 112 pages, 79 F.

http://www.monde-diplomatique.fr/1996/08/DOLHEM/5799

P.s: Le temps passe... Nous étions encore à parler en francs; aujourd'hui, l'Euro a été introduit (Wim Duisenberg, Mr Euro) et l'Europe se cherche une légitimité. Les citoyens travaillent. Il y a ceux qui travaillent pour de l'argent car il faut bien vivre, il y a ceux qui travaillent gratuitement, c'est possible, et il y a ceux qui sont à la retraite.

Et aussi...

Voyage au coeur des technologies du futur

Le Media Lab aux avant-postes du cybermonde

Il existe aux Etats-Unis, à l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), un laboratoire assez fabuleux, le Media Lab, où des génies de l’informatique, regroupés autour de Nicholas Negroponte, mettent au point la communication du futur : ordinateurs de nouvelle génération, cybermachines et réseaux plus intelligents. Ils tentent aussi d’imaginer ce que seront les médias du troisième millénaire. Toute cette panoplie de science-fiction servira-t-elle vraiment à rapprocher les hommes ?

par Ingrid Carlander, août 1996

« Les ordinateurs sont des sourds-muets, et des imbéciles. Notre tâche ? Les rendre intelligents. » Réussir la symbiose homme-machine, telle est la passion de M. Nicholas Negroponte et de toute son équipe. A Cambridge, près de Boston, le Media Lab, qu’il dirige, se veut l’antenne et le laboratoire du futur ; c’est le think-tank , la boîte à idées du célèbre et prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ici, cela fait beau temps que l’on vit dans le troisième millénaire, celui du cybermonde. Depuis plus de dix ans, les nouveaux alchimistes de ce lieu privilégié préparent l’irréversible révolution numérique.

« Il n’est pas inconcevable que l’on puisse créer des machines bien plus performantes que le cerveau humain. On dit que les ordinateurs ne possèdent pas d’âme ; comment savoir s’ils n’ont pas la même âme que nous ? » , s’interrogeait Jérôme Wiesner, cofondateur de l’institut avec M. Negroponte et ancien président du MIT. Les visionnaires et guetteurs du futur travaillent dans les sables mouvants où se rencontrent l’humain et les machines. Pourtant, ils s’encombrent rarement de métaphysique. Leur obsession : démonter les mécanismes du cerveau humain et les transférer aux ordinateurs pour qu’ils puissent nous servir, nous délivrer des préoccupations triviales. « Comment sont encodées les millions de choses qui représentent la connaissance qu’a du monde un seul enfant ? Le but de nos recherches : essayer de comprendre ce qu’est le simple bon sens. » Ainsi M. Marvin Minsky, un des pionniers de cette institution, résume-t-il son objectif.

Dans ces laboratoires peuplés de machines et envahis de câbles qui s’entortillent le long des murs, sols et plafonds, les nouveaux prophètes passionnés incluent aussi bien les meilleurs informaticiens des Etats-Unis que de simples étudiants du MIT, créatifs en diable, ravis d’être taillables et corvéables à merci, qui passent souvent des nuits entières à concocter une minuscule manipulation. Ils méritent leur surnom : les (...)

http://www.monde-diplomatique.fr/1996/08/CARLANDER/5789

P.s: Un peu de publicité pour Le Monde Diplomatique en passant... Merci les blogueurs...

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