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Challenges. L’effondrement des cours du pétrole va-t-il avoir des répercussions géostratégiques ?
Laurent Fabius. Les répercussions sont lourdes sur de nombreux pays. Pour m’en tenir aux économies exportatrices du Moyen-Orient, la baisse des prix enregistrée depuis la fin de l’été 2014 entraîne des modif-cations profondes mais pas homogènes. Les pays les plus touchés sont ceux qui ne peuvent compenser l’effet-prix par l’effet-volume : Irak, Bahreïn et, dans une moindre mesure, Oman. L’Arabie saoudite et l’Iran sont touchés, mais disposent à des degrés divers des marges nécessaires. Enfin, certains ne sont que modestement affectés, comme le Koweït, le Qatar et les Emirats. Quelles que soient les situations, les conséquences sont multiples : plutôt positives pour les importateurs, comme la France, négatives pour les producteurs-exportateurs - à cela près que ce déséquilibre pourrait ensuite, par contrecoup, affecter notre propre croissance. Avec un baril à 35 euros, les énergies renouvelables ne sont plus du tout compétitives, dommage pour le climat On devrait mettre à profit cette baisse pour diminuer, comme le propose l’OCDE, les subventions considérables aux énergies fossiles et encourager les renouvelables, dont les prix se réduisent. Les investissements massifs et croissants dans la R&D pour les énergies propres vont créer des ruptures technologiques qui rendront ce type d’énergies très compétitives. Elles seront au coeur du mix énergétique de demain.
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in: http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/le-ministre-les-secretaires-d-etat/laurent-fabius/presse-et-media/article/2016-l-annee-de-tous-les-dangers-pour-l-europe-entretien-de-laurent-fabius-07?xtor=RSS-4
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