maandag 20 mei 2013

Les outils, clavier, stylo, etc...

Le stylo a-t-il un avenir ?

Le numérique balaie tout sur son passage, comme un tsunami : papiers, crayons et gommes, encres et stylos, comme la bille, il y a quelques décennies, a balayé la plume. À quoi peut servir un stylo dans l’univers des ordinateurs, des tablettes et des réseaux sociaux ?

Surfant sur la vague du chamboulement numérique, plusieurs entreprises (Staedtler, Zpen, Logitech ou Kayentis) ont inventé et commercialisé le « stylo numérique », parfois qualifié de stylo intelligent. L’objet en forme de stylo est doté de capteurs qui enregistrent les signes tracés par l’utilisateur et les transpose instantanément en caractères ou traits numériques sur un écran. Un outil de « production-numérisation en live »… Les conditions d’utilisation du style numérique sont cependant assez contraignantes : écrire lisiblement, ne pas cacher le capteur avec un doigt, utiliser des mots faciles à océriser, voire disposer d’un papier lui-même intelligent.

Sur le plan technique, on peut effectivement qualifier ces produits d’innovants, mais sur le plan des idées, le stylo numérique est tout à fait représentatif de ces inventions bâtardes, intermédiaires entre deux périodes de l’histoire des outils, dont la valeur ajoutée est surtout d’aider à la conduite du changement en familiarisant les utilisateurs avec l’outil de destination (de ce point de vue, il y a des procédés moins onéreux). Et de fait, en regardant de plus près les sites marchands, on constate que le stylo numérique est déjà oublié ou en voie de l’être, ce qui était prévisible. Ç’aura été une parenthèse d’une dizaine d’années dans l’histoire des outils d’écriture, soit peu de chose.

Le clavier et, de plus en plus, l’écran tactile périment l’usage de l’écriture manuscrite. N’est-il pas plus sûr d’envoyer un SMS pour dire « prends une baguette en rentrant » que d’écrire sur un post-it « pense à acheter du pain », message qui, si le post-it ne s’est pas décollé, si l’intéressé a regardé au bon endroit ou s’il n’est pas déjà passé chez le boulanger, obligera à ressortir ?

Le mariage stylo – numérique ne pouvait se solder que par un divorce pour cause d’incompatibilité d’humeur, de différence de méthode, de divergence de culture. Le couple millénaire composé des deux doigts opposés que sont le pouce et l’index (avec l’aide du majeur pour soutenir le stylo) est complètement ringardisé par la paire formée des deux pouces face à un écran de smartphone…

L’écriture cursive abdique donc son utilité séculaire devant les technologies numériques. Dès lors, pourquoi en imposer l’apprentissage aux enfants ? C’est la question que se sont posée plusieurs États américains dont une partie a conclu que l’écriture cursive ne serait prochainement plus requise à la sortie de l’école élémentaire (voir l’article du Figaro sur le sujet).

Mais il y a d’autres retombées à ces évolutions, notamment l’émergence d’une nouvelle discipline, la cursographie, connaissance des écritures cursives au stylo, avec ses formateurs et ses experts, ce qui peut créer quelques emplois. En effet, de même qu’il y a des paléographes pour lire les chartes médiévales, les minutes notariales du XVIIe siècle ou les manuscrits littéraires du XIXe. la société aura besoin d’ici quelques années d’animateurs pour les ateliers culturels de déchiffrement des cahiers d’écoliers des années 1980, des lettres de réclamations des administrés à la Sécurité sociale ou aux impôts (que l’on aura conservées en intégralité comme matière historique) ou d’autres vestiges personnels de la fin du XXe siècle. Grâce à la cursographie, les enfants d’aujourd’hui occuperont leur retraite à découvrir ainsi leurs aïeux, avec qui ils n’ont jamais eu le temps de discuter, branchés qu’ils étaient sur leur MP3 ou leur iPad). Ainsi va la vie.

http://www.marieannechabin.fr/category/histoire/

Geen opmerkingen:

Een reactie posten