donderdag 16 mei 2013

Où sont passés les féministes?...

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Où sont passés les féministes ?

La question qui est souvent posée est : « que fait le mouvement féministe de tout ça ? » Depuis Webster et Casey, les féministes se débattent dans un mode qui est en permanence réactif et non proactif, et sont divisés. C’est loin d’être un contexte propice au succès. D’ailleurs, le terme de « mouvement féministe » est erroné ; pendant toute l’histoire du féminisme américain, il n’y a jamais eu un seul groupe homogène d’activistes. Et à partir des années 70, alors que la droite chrétienne était en train de s’épanouir, les féministes américains étaient divisés par de sérieux désaccords.

Les deux plus gros groupes féministes, qu’on pourrait aisément qualifier d’« institutions » ou de groupes féministes traditionnels, étaient – et sont – NOW (National Organization for Women, « Organisation nationale pour les femmes ») et NARAL (National Abortion Rights Action League, « Ligue nationale pour l’action sur les droits à l’avortement »). Ils ont tous les deux soutenu et véhément défendu le principe d’un « droit à la vie privée » tel qu’il est développé dans Griswold (1965) et Roe (1973) en relation au choix de ne PAS procréer. Selon ces groupes, l’émancipation des femmes a commencé avant tout en délivrant les femmes des chaînes de naissances non voulues. Ce but ne pouvait être atteint qu’en exigeant un droit inconditionnel à ne pas procréer. Ils ont donc observé avec consternation et ont dénoncé publiquement des groupes féministes plus radicaux fondés récemment, tels que le CESA (Committee to End Sterilization, « Comité pour mettre fin à la stérilisation ») et le CARASA (Committee for Abortion Rights and Against Sterilization Abuse, « Comité pour les droits à l’avortement et contre l’abus de stérilisation ») qui, selon NOW et NARAL, étaient en train de complètement ébranler les succès récents et fragiles que représentaient Griswold et Roe, qui définissaient un « droit à la vie privée » protégé par la constitution en matière de non-procréation.

Le CESA et le CARASA ne s’opposaient pas au « droit à la vie privée » en soi, ils voulaient simplement aller plus loin et démontrer, entre autres, que le principe de vie privée lui-même n’était pas accessible à tous, comme le savaient ces pauvres femmes à New York qui furent les victimes d’une stérilisation contrainte ou forcée. Ils regroupaient aussi des féministes qui prétendaient que les droits à l’avortement ne représentaient pas le nec plus ultra pour toutes les femmes, que certaines femmes féministes préféraient se battre, non pas pour le droit de ne pas avoir d’enfants, mais pour une société qui permettrait aux femmes d’avoir des enfants quand elles le voulaient avec la garantie que leurs enfants bénéficieraient d’un bon logement, de soins de santé et d’une éducation de bonne qualité. Ces féministes du milieu des années 70 et début des années 80 – et non pas les féministes traditionnels – devinrent les concepteurs de ce que nous appelons aujourd’hui les « droits de la procréation », aboutissant au Mouvement pour la justice reproductive que nous connaissons aujourd’hui.

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http://www.laviedesidees.fr/La-Guerre-contre-les-femmes.html

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